Historique

1979-1983   Création des associations

Il fut une Ă©poque oĂą naissaient des enfants diffĂ©rents qu’on appelait « mongoliens ». On ne comprenait pas pourquoi ils Ă©taient nĂ©s ainsi, quelle Ă©tait la raison obscure pour laquelle les familles Ă©taient ainsi punies. Elles vivaient souvent dans la honte. On ne  leur prĂ©disait alors qu’une faible espĂ©rance de vie et tout le monde avait en tĂŞte un ĂŞtre qui tirait la langue, ne parlait pas , s’accrochait au bras de sa mère ou croupissait dans un hĂ´pital psychiatrique.

Une mobilisation des parents

Un peu avant les annĂ©es 80, en Seine-Maritime et dans l’Eure  des familles se regroupent et refusent pour leurs enfants diffĂ©rents ce sombre pronostic. Deux Ă©vĂ©nements les ont aidĂ©s Ă  vouloir un avenir diffĂ©rent pour ceux qu’on ne va plus dĂ©sormais appeler « mongoliens »: les travaux de Marthe GAUTIER qui dĂ©couvre un chromosome X surnumĂ©raire sur la 21ème paire de chromosomes et la proclamation en 1976 par les Nations-Unies de la journĂ©e internationale du handicap. On parle dĂ©sormais de Trisomie 21, et si on ne connaĂ®t pas l’origine de l’accident gĂ©nĂ©tique, on comprend que ce chromosome surnumĂ©raire entraĂ®ne chez la personne une sĂ©rie de consĂ©quences. Il n’y a pas de mĂ©dicament miracle mais on peut agir dès avant 6 ans. Il est peut-ĂŞtre possible par des soins et de l’Ă©ducation d’amĂ©liorer considĂ©rablement la vie de ces personnes. La tĂ©lĂ©vision relaie Ă  partir de 1976 des expĂ©riences Ă©ducatives menĂ©es avec des enfants trisomiques dès la naissance qui s’avèrent porteuses d’espoir. C’est pour cela que plutĂ´t que la rĂ©signation et la mise en Ă©tablissement de ces enfants, ces familles choisissent de se mobiliser pour permettre à  leurs enfants de vivre de la manière la plus proche de celle d’un enfant ordinaire et de les faire accĂ©der Ă  l’autonomie la plus large possible grâce Ă  un projet associatif.

C’est ainsi que sont nĂ©es les associations GEIST 21 ROUEN et GEIST 21 EURE-OUEST en 1979 et 1983. (Groupe d’Etude pour l’Insertion Sociale des Trisomiques 21), chacune dans son dĂ©partement, les financements Ă©tant Ă  l’Ă©poque dĂ©partementaux, relevant des DDAS.

 

1981-2008    Création des services et projets communs

La volontĂ© des familles Ă©tait de faire reconnaĂ®tre l’importance de l’Ă©ducation prĂ©coce et du soutien parental.

Elles ont aussitĂ´t obtenu la crĂ©ation de Services d’Education SpĂ©cialisĂ©s et de Soins Ă  Domicile (SESSAD) ainsi que de classes intĂ©grĂ©es au sein d’Ă©coles ordinaires: Ă  l’Ă©cole primaire Anatole France Ă  ROUEN, Ă  l’Ă©cole primaire Jean Jaurès Ă  SERQUIGNY faisant ainsi partie des pionniers dans ce domaine en France. (7 classes seulement au plan national) Les 2  associations ont aussitĂ´t créé des liens entre elles. Elles ont aussi rencontrĂ© les autres associations semblables qui avaient vu le jour  un peu partout en France et elles ont contribuĂ© Ă  se rassembler dans une FĂ©dĂ©ration qui est devenue TRISOMIE 21 FRANCE, à la suite de quoi les associations GEIST ont pris respectivement le nom de Trisomie 21 Rouen Seine-Maritime et Trisomie 21 Eure.

Les deux associations ont eu des Ă©volutions parallèles. En particulier, elles se sont trouvĂ©es confrontĂ©es au problème de la scolarisation dans le secondaire pour les enfants qu’elles prenaient en charge puis Ă  celui de la formation professionnelle et de la vie autonome Ă  l’âge adulte.  Les deux associations, conjointement, ont obtenu en 1998 du Rectorat sur des fonds europĂ©ens la mise en place dans le collège Emile Zola de SOTTEVILLE LES ROUEN, d’une prĂ©paration sur 2 ans au CAP Agent polyvalent de restauration pour des jeunes dĂ©ficients intellectuels dont des porteurs de Trisomie 21 de l’Eure et de la Seine-Maritime. Cette formation concernait 12 jeunes, dont 6 ont obtenu leur CAP.

En Seine-Maritime est nĂ© ensuite le projet d’un ESAT hors les murs Ă  DARNETAL.

Dans l’Eure, Trisomie 21 Eure a  Ă©tĂ© Ă  l’initiative de  la crĂ©ation de la première ULIS dans le dĂ©partement de l’Eure,  au sein du LycĂ©e Professionnel ClĂ©ment Ader de BERNAY dans le domaine de la cuisine, du service et de la vente pour donner une suite aux ULIS de collège dĂ©jĂ  existantes. Pour aider les personnes Ă  acquĂ©rir une autonomie de logement et de vie quotidienne,  l’association a Ă©galement créé en 2008 un SAVS/SAVA, Service d’Accompagnement Ă  la Vie Sociale/ Service d’Apprentissage Ă  la Vie Autonome Ă  BERNAY avec un appartement formation en centre-ville pour s’entraĂ®ner Ă  la gestion du quotidien.

Un moment fort du rapprochement entre les deux associations a Ă©tĂ© l’organisation en 2017 avec Trisomie 21 France d’un sĂ©minaire sur l’autodĂ©termination pour tous les jeunes adultes des services du quart Nord-Ouest de la France. Pendant 3 jours, dans un gĂ®te de l’Eure, les personnes ont pu participer Ă  des ateliers leur permettant d’exprimer leur parole dĂ©bats mouvants, ateliers play-mobiles  et théâtre forum. Elles ont Ă©galement rencontrĂ© des Ă©lus impressionnĂ©s par la pertinence de leurs questions et de leurs propositions.

2020  du XXI

Des parents de Trisomie 21 Rouen, soucieux de voir leurs enfants porteurs de trisomie 21, d’autisme ou d’autres dĂ©ficiences intellectuelles s’épanouir professionnellement, se sont intĂ©ressĂ©s aux diffĂ©rentes expĂ©riences qui se dĂ©veloppaient ça et lĂ . Ils se sont  inspirĂ©s de celles du restaurant « Le Reflet » Ă  Nantes, du restaurant « Les Tournesols » Ă  Rome, de la « Brasserie Joyeuse » Ă  Rennes.

C’est ainsi que le  « Restaurant Le XXI » est nĂ© !

Un des membres de l’association a prĂ©sentĂ© le projet au sein du conseil d’administration qui a validĂ© Ă  l’unanimitĂ© le dĂ©marrage de ce restaurant pas comme les autres, lieu unique de rencontre entre personnes dites ordinaires et personnes porteuses de handicap. 

Avec l’appui de toutes les bonnes volontĂ©s, entourĂ© d’experts de la restauration, avocats, comptables, professionnels du handicap,  de collectivitĂ©s, d’industriels, de la RĂ©gion, de la MĂ©tropole et du CrĂ©dit Agricole, le restaurant a pris forme en statut SAS pour ne pas pĂ©naliser l’association (actionnaire principal). Il est nĂ© une entreprise d’Ă©conomie sociale solidaire avec le label ESUS puis c’est devenu une Entreprise adaptĂ©e qui emploie 12 jeunes leur offrant  une pleine autonomie et une intĂ©gration complète dans le monde professionnel. Ce restaurant sert des plats issus du terroir Normand. Il se situe en plein cĹ“ur de Rouen afin d’attirer une clientèle d’entreprises dont des tertiaires, de particuliers et de touristes. Cette situation lui permet  de constituer une vitrine locale et rĂ©gionale. Il bĂ©nĂ©ficie donc de l’attractivitĂ© actuelle et du dĂ©veloppement futur liĂ©s Ă  leur  renommĂ©e, de Rouen et de la Normandie. Il attire par sa singularitĂ©, l’intĂ©rĂŞt des mĂ©dias nationaux et locaux. Enfin il est soutenu par un fort rĂ©seau de sympathisants.

Il faut rappeler qu’en France, les personnes en situation de handicap ont un taux de chĂ´mage largement supĂ©rieur Ă  la moyenne. Des solutions d’accompagnement existent mais elles sont souvent saturĂ©es avec des besoins d’adaptations sur les postes de travail. Le milieu ordinaire reste encore frileux lorsqu’il s’agit d’employer des personnes en situation de handicap. L’objectif, rĂ©ussi, Ă©tait de crĂ©er un lieu de travail pour ces personnes porteuses de handicap tout en tissant un lien avec le monde dit « ordinaire ».  

Bien que le projet (et ce n’Ă©tait pas prĂ©vu…) ait dĂ©marrĂ© au pire moment, en fĂ©vrier 2020 en plein milieu du COVID, l’Ă©quipe porteuse du projet s’est mobilisĂ©e et a dĂ©ployĂ© toute son Ă©nergie pour vaincre les difficultĂ©s. 

Notre projet aujourd’hui est donc de rendre pĂ©renne le XXI pour qu’il continue à   employer  les 12 personnes en situation de handicap. Nous voulons aussi mener des actions en direction des personnes en situation de handicap afin qu’elles puissent progresser professionnellement et avoir des perspectives de carrière. Nous souhaitons enfin aussi que le restaurant puisse servir de tremplin vers le milieu ordinaire pour les personnes qui le souhaitent. Il y a donc de forts besoins de formation…

Nous sommes soutenus par de nombreux partenaires dans nos travaux d’amĂ©lioration ou d’amĂ©nagement de la structure, pour permettre d’accueillir plus de monde et de rendre le lieu encore plus agrĂ©able.

2023 L’Ă©tat des lieux aujourd’hui

Il y a plus de trois ans dĂ©jĂ , les deux associations ont dĂ©cidĂ© de rassembler leurs forces et de fusionner en une seule entitĂ©. Leurs valeurs  et leurs projets sont semblables, elles adhĂ©rent Ă  la mĂŞme fĂ©dĂ©ration nationale, leur financement s’opère  au niveau rĂ©gional et enfin et surtout les services qu’elles gèrent sont complĂ©mentaires. C’est ainsi que Trisomie 21 Rouen a absorbĂ© Trisomie 21 Eure et créé la nouvelle entitĂ© depuis le 1er janvier 2023: TRISOMIE 21 NORMANDIE.

La nouvelle association s’Ă©tend sur les deux dĂ©partements: Seine-Maritime et Eure. Elle couvre la mĂ©tropole de Rouen et au-delĂ  ainsi que tout l’ouest du dĂ©partement de l’Eure d’Evreux Ă  Bernay. Elle accompagne des personnes prĂ©sentant diffĂ©rentes formes de handicap dont des personnes porteuses de Trisomie 21 et leurs familles  de la naissance Ă  tous les âges de la vie.

Des bĂ©nĂ©voles très actifs constituent le cĹ“ur de l’association.

Plus de 130 personnes sont suivies dans ces différents services: 

1 SESSAD de 54 places à ROUEN dont 7 places en éducation précoce,

1 SESSAD  de 36 places avec deux antennes dans l’Eure Ă  SERQUIGNY et Ă  EVREUX dont 6 places en Ă©ducation prĂ©coce, 

2 EMAS dans le secteur de Rouen et celui de VAL DE REUIL,

1 PAS Ă  VAL DE REUIL,

1 ESAT hors les murs à DARNETAL pour 16 places financées et 19 accompagnements,

1 SAVS-SAVA Ă  Bernay pour 15 personnes,

1 Dispositif Répit à Bernay de 2 places,

chaque structure ayant une « file active » lui permettant de prendre en charge davantage de personnes. 

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